Au plateau de Vessy à Veyrier : un potager en commun pour faire quartier

La dalle de parking des Messicoles avant et après l’aménagement du potager
La dalle de parking des Messicoles, avant et après l’aménagement du potager.

120 logements neufs, des voisins qui ne se connaissent pas, peu de services et de commerces à proximité. À Veyrier (GE), sur le plateau de Vessy, Genève Cultive a accompagné la création d’un potager communautaire et, à travers lui, la naissance d’une communauté là où les liens sociaux étaient à faire.

Le défi : un potager sur une dalle de parking et de nouveaux habitants qui ne se connaissent pas

Situé à la frange du nouveau quartier des Grands Esserts, les Messicoles est un ensemble de trois bâtiments de logements neufs, conçus par le bureau d’architectes Dreier Frenzel pour la Fondation immobilière de la Ville de Veyrier (FIVV). Propriétaires, locataires et ménages en logement à loyer modéré y cohabitent. Les premiers habitant·es s’y sont installé·es début 2026.

En cohérence avec le nom du quartier (les messicoles sont des fleurs qui colonisent les champs de céréales), le bureau d’architectes a proposé, par analogie et dans un esprit de pluralité, de mettre en exergue les synergies entre bâtiments et nature, les relations intérieures et extérieures, les échanges sociaux et culturels.

Dès l’origine, la fondation avait donc prévu d’inclure au projet un espace potager au pied des immeubles. Dès 2024, elle a fait appel à Genève Cultive pour l’aider à le concrétiser, et surtout à le faire vivre.

« Nous avons été sollicités par l’un des membres de la Fondation, M. Jeanneret, car un espace potager avait été prévu sur la dalle du parking », raconte Juliette Perréard, directrice de l’association Genève Cultive. « Le mandat portait sur l’accompagnement du projet dès sa conception. Nous avons travaillé étroitement avec le bureau d’architectes paysagistes, Paysagestion, pour définir l’aménagement et l’implantation de tout ce dont le potager avait besoin pour fonctionner de manière optimale. »

Des habitant·es du quartier jardinant ensemble dans le potager des Messicoles
Des habitant·es du quartier jardinent ensemble dans le potager collectif.

Concevoir, organiser, transmettre, fédérer : le rôle de Genève Cultive

Aux côtés de l’architecte paysagiste, Genève Cultive a identifié ce qui compterait pour les futurs jardiniers, de l’aménagement de l’espace à celui des équipements collectifs : l’emplacement des arrivées d’eau, le type de clôture, le nombre d’arbres présents, la place du compost.

Avec la commission du projet, l’association a également développé le règlement d’utilisation du potager, la charte du jardin. Le choix s’est porté sur un potager collectif, ouvert aux propriétaires comme aux locataires. Les parcelles sont cultivées « en tandem », tandis que deux parcelles communes accueillent les plantes à partager, comme le romarin, la verveine ou les courges qui prennent beaucoup de place.

Lors de l’inauguration des immeubles en mai 2026, l’équipe de Genève Cultive a animé un atelier de semis pour présenter le potager aux habitant·es. Elle a ensuite accompagné les jardiniers jusqu’en novembre avec une formation théorique et pratique : principes du jardinage naturel et de l’association d’espèces, quoi planter, quand et comment (plan de culture), traitements naturels, compostage. L’association a également accompagné le collectif sur la gouvernance du potager afin que chacun, selon ses ressources et ses envies, participe au projet commun. En 2027, Genève Cultive interviendra une dernière fois pour la plantation de vivaces, des plantes qui repoussent d’année en année.

Semer des légumes, récolter des voisins

Pour Genève Cultive, un potager n’est jamais seulement une affaire de légumes. « La raison d’être d’un potager communautaire urbain n’est pas uniquement la production de légumes mais surtout de créer du lien social entre des habitants qui, a priori, ne seraient pas forcément amenés à se rencontrer dans la vie de tous les jours », souligne Juliette Perréard. Le pari est réussi : les jardiniers se retrouvent régulièrement pour des moments conviviaux de jardinage collectif et des repas partagés.

L’intérêt d’inclure en amont un potager communautaire dans un projet architectural et immobilier est ce que l’on appelle aujourd’hui l’activation sociale des nouveaux quartiers. Autrement dit, faire en sorte qu’un quartier satellite devienne un lieu où les habitant·es se rencontrent, s’organisent et prennent soin ensemble d’un espace commun. Si le potager est prévu et soutenu par le maître d’œuvre dès le début du projet immobilier, il participe à part entière à cette activation et à l’appropriation du quartier dès l’arrivée des premiers résidents.

Genève a certes besoin de nouveaux logements. Mais un quartier a aussi besoin de lieux où l’on se rencontre et crée des liens de voisinage. « Finalement, c’est un peu comme la place du village », résume la directrice. « Le projet des Messicoles montre qu’il est tout à fait possible et important d’inclure ce type d’espace de jardinage au sein des nouveaux quartiers, comme des plus anciens. Ces potagers permettent de garder un peu de nature en ville et de biodiversité pour finalement la rendre plus vivable, plus durable et certainement plus aimable. »

Le potager des Messicoles en usage, avec la plaque en mémoire de M. Raymond Jeanneret
Le potager des Messicoles et la plaque en mémoire de M. Raymond Jeanneret, membre de la Fondation immobilière de la Ville de Veyrier.

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